Pablo Attal — Montmarte, Paris

Montmartre, quartier du 18e arrondissement de Paris, est le berceau de nombreux mouvements révolutionnaires dans les domaines de la politique, l’architecture, l'art et la musique, et accueille aujourd'hui une partie de la scène hip-hop en plein essor. C'est un lieu où le monde converge, ce qui en fait un terreau fertile pour la créativité, donnant le ton à la culture internationale. Bien qu'il ne soit qu'au début de son processus créatif, le jeune créateur Pablo Attal est sans doute l'une des futures figures les plus influentes du 18e.

Il est fier d'être du 18e et s'est donné pour mission de faire avancer la culture en explorant tous les moyens d'expression qui sont à sa disposition. Il s'est adonné au mannequinat, à la photographie et au design graphique, la sérigraphie… Le respect du passé joue un rôle important dans la façon dont il aborde son processus créatif, dans la mesure où il s'est engagé personnellement à toujours rendre hommage à ceux qui ont contribué à cultiver la créativité du 18e, des rappeurs de l'âge d’or aux grands peintres du XXe siècle. Nous avons discuté avec Pablo de l'évolution de la culture, de sa connexion avec le 18e et de la façon dont il entend poursuivre la tradition.

"Le coût de la vie augmente, mais nous vivons toujours la même vie, nous sommes toujours les mêmes êtres humains… même si la gentrification a fait évoluer les choses, les gens se rassemblent toujours autour du 18e."

- Pablo Attal

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Tu as une connexion très profonde avec le 18e arrondissement. Pourquoi? Qu'est-ce qui en fait un endroit si spécial?
Je n'ai pas l'impression que mes amis qui viennent d'autres arrondissements ont cette même connexion avec leur quartier. Par exemple, ma copine vient du Marais, qui est divisé entre deux arrondissements, et elle ne peut pas vraiment avoir cette connexion avec quelque chose d'unique. Son rapport évolue toujours vers quelque chose de différent. Ici, dans le 18e, malgré la gentrification, le quartier n'a jamais vraiment changé.

Peux-tu nous parler du monde en dehors de ton quartier quand tu étais plus jeune?
Quand j'allais au lycée, on m'invitait à des fêtes dans d'autres arrondissements. J'avais vraiment l'impression de découvrir Paris à cette époque, mais les autres jeunes connaissaient déjà Paris. Nous, nous n'avons jamais ressenti le besoin d'aller ailleurs.

La gentrification a-t-elle changé quelque chose? Est-ce que tu l'as ressentie?
Oui, je l'ai beaucoup ressentie, mais elle n'a pas changé notre tradition. Les mêmes choses continuent de se passer ici. Les gens continuent de grandir ici avec le même état d'esprit. Le quartier ne perd pas son identité. Les loyers augmentent, mais nous vivons toujours la même vie, nous sommes toujours les mêmes êtres humains. Même si la gentrification a fait évoluer les choses, les gens se rassemblent toujours autour du 18e.

"J'ai seulement 19 ans. J'aime la photographie. J'ai récemment découvert la sérigraphie, mais je ne suis pas attiré par un processus créatif unique. Je ne fais plus de mannequinat. Je perfectionne mes techniques et continuerai à découvrir et pratiquer toutes les formes de créativité qui me permettent de partager ma vision."

- Pablo Attal

D'après toi, quelle est la principale raison pour laquelle les gens viennent dans le 18e?
Je pense que c'est parce que les gens aiment le quartier. Ils ressentent cette connexion. C’est un mode de vie que les gens aiment. Le dimanche, dans le 18e, on peut aller au marché africain, acheter du tissu, aller au musée, se balader dans nos rues gorgées d’histoire…Il y a des quartiers où il n’y a que des bureaux, le dimanche c'est comme une ville fantôme. Rien à voir avec chez nous, c’est plein de vie.

Quelles sont certaines des traditions culturelles uniques pratiquées à Paris que l'on ne retrouve pas aux États-Unis?
La culture du dîner est très différente par rapport à ici. C'est vraiment différent de Los Angeles en fait, où on commande beaucoup à emporter. On ne reste pas vraiment manger au restaurant. À Paris, vous allez au restau quand vous avez quelque chose d'important à fêter ou à partager. Pour le réveillon du Nouvel An, j'ai organisé un dîner et nous avons passé toute la nuit autour de la table. On ne compte pas les heures quand on est à table. On mange et on discute, on rit, on joue. Pas seulement pour les fêtes tous le temps.

Tu as travaillé comme mannequin, directeur créatif et photographe. Quel est ton rôle créatif préféré?
Je n'aime pas le mannequinat. C'est un rôle très bien, mais en tant que mannequin, on ne crée pas grand chose. On porte et on partage les idées des autres. J'ai seulement 19 ans. J'aime la photographie. J'ai récemment découvert la sérigraphie, mais je ne suis pas attiré par un processus créatif unique. Je veux être plus qu'un mannequin et pouvoir partager ma propre vision d'autres manières.

Que veut dire pour toi le slogan « Affichez vos couleurs »?
Nous pouvons être beaucoup de choses. Tout à la fois et rien du tout le moment d’après. C’est à nous de choisir. Aujourd’hui je décide d’incarner Montmartre, et je voudrais peut être avoir ce rôle toute ma vie. Mais si demain je veux ne rien incarner, rester moi même et ne représenter que moi, qu’il n’en tienne qu’à ça.